Interview – Stéphane Bigeard

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Stéphane Bigeard est consultant en communication et management dans le monde du sport et de l’entreprise depuis trente ans. il a notamment accompagné le FC Lens et est l’auteur de nombreux ouvrages dont  « 1998, coulisses de l’épopée sang et or: De l’ombre à la lumière du Nord »

« Ce qui m’a frappé en arrivant chez Bové, c’est l’humain. D’emblée. C’est rare, cette atmosphère presque palpable où chacun, à sa manière, prend soin des autres. J’ai senti une chaleur simple, pas fabriquée. Une forme de sincérité dans les relations, dans la manière de se parler, de se croiser, de travailler. Chez Bové, j’ai vu des gens qui s’écoutent. Qui ne font pas semblant de collaborer. Et c’est précieux. »

Vous intervenez dans le monde du sport comme dans l’entreprise. Qu’est-ce qui relie ces deux mondes, selon vous ?

« Le besoin de reconnaissance et la puissance du collectif. Un vestiaire ou une réunion d’équipe, au fond, c’est la même scène humaine : des personnalités différentes, des forces, des fragilités, des envies de bien faire. J’ai appris que l’on peut aller loin si l’on regarde le beau en l’autre. Et si l’on prend le temps de faire une pause pour réfléchir avant d’agir. Trop souvent, on fonce. Or, c’est dans la respiration que naît la clarté. »

Vos formations ont touché beaucoup de collaborateurs ici. Qu’avez-vous voulu transmettre ?

« Que chacun porte en lui une lumière. Pas forcément un projecteur flamboyant, mais une lumière discrète, personnelle. Mon rôle, ce n’est pas de leur apprendre quelque chose de neuf. C’est de les aider à voir ce qui est déjà là. Le courage, la rigueur, la capacité d’apaiser, d’embarquer, de faire sourire. Quand on voit ses propres forces, on change de posture. On cesse de se comparer, on commence à rayonner. Et ça change tout. »

Votre méthode parle beaucoup d’écoute. Comment l’expliquez-vous ?

« Écouter vraiment, ce n’est pas attendre son tour pour parler. C’est s’effacer pour laisser l’autre exister. Quand un manager dit : je te comprends, il ouvre une porte. Il apaise. Il crée la confiance. Et à partir de là, tout devient possible. »

Vous parlez souvent de la positivité. Est-ce un choix de confort ou un véritable levier de performance ?

« La positivité c’est une discipline. Une manière de poser un regard constructif sur les choses, même les plus rudes. Dans un collectif, ce qui est valorisé se développe. Si vous mettez l’attention sur ce qui va bien, vous ancrez le succès et vous vous mettez en mouvement. C’est simple, et c’est immense. »

Qu’avez-vous ressenti en partageant ces temps avec La Tribu Bové ?

« J’ai eu le sentiment d’embarquer dans une aventure humaine. On ne m’a pas tant demandé de délivrer un contenu, mais de vivre une rencontre. J’ai vu dans vos équipes une vraie envie de progresser ensemble, de se regarder autrement, de sortir de la mécanique pour retrouver le sens. Ça m’a profondément touché. Parce que c’est exactement ce que j’essaie de faire depuis trente ans : remettre l’humain au cœur de la performance. Chez Bové, je n’ai pas eu à forcer les choses. On partage cette même intuition : que l’on ne bâtit rien de grand sans prendre soin. »

Que gardez-vous de cette collaboration ?

« Une forme de gratitude. Pour la confiance, pour les regards, pour les silences aussi. Et cette certitude que, parfois, il suffit d’un mot, d’un moment, d’un geste, pour que quelqu’un se sente vu, entendu, reconnu. Si j’ai contribué à cela, alors j’ai validé ma mission. »

Et nous, de notre côté, nous garderons le souvenir d’un homme venu d’Arras avec une valise pleine d’humanité. Un homme qui, sans bruit, nous a aidés à voir le beau en nous et à en être fiers.